vendredi 19 août 2022

 Je suis fragile. Oui je sais que de dire ça comme ça, ça fait un peu le pleurnicheur, celui qui en rajoute six couches afin de cacher sa nullité. Car autant je me sens fragile, autant je me sens costaud lorsqu'il s'agit de m'affirmer face à un gros costaud... Je n'avais pas plus de vingt ans, quand à une station d'autobus qui menaient au restaurant-hôtel de la station de saut à ski de Trondheim. Un garçon de mon âge vient vers moi, me regarde et sans ouvrir la bouche, pose la semelle de son pied sur mon pied droit et décide de m'écraser le pied comme si mon pied était une vis qui avait besoin d'être resserrée... Ni une ni deux je lui envoie mon poing dans sa face, il tombe et il se trouve que l'autobus arrive et que je monte dedans le laissant se frotter la mâchoire, la mine dépitée.

jeudi 18 août 2022

 En fin de compte, le soleil est arrivé. Le fond de l'air n'est pas chaud. Tout se respire sans mal. La fin du mois d'août est assez agréable. Les pensées se coincent le nez au coin de la porte, histoire d'entendre et si possible, participer aux échanges... C'est ainsi avec la méditation en pleine conscience. Voir passer les idées qui se baladent entre les oreilles avec différents drapeaux. Bip, bip... Ne jamais se mentir, respecter une distance d'indifférence...

mercredi 17 août 2022

 Mercredi 17 Août 2022, sur le Cours de l'Île Seguin à Boulogne Billancourt, le ciel est gris, un ciel qui a vécut une nuit arrosée, c'est un sourire qui tend la bouche, donc un sourire sans la blancheur des dents... 

Alors enfin je m'y remets, sans le sourire, mais je m'y remets. Les yeux piquent, ils aimeraient se fermer ces yeux mais ils préfèrent se cacher derrière des paupières accueillantes, sauf que rien ne va se passer comme l'imagination le laisser prévoir. 

Des années sont passées : les années de pandémies, le confinement fait partie de ces années-là, un instant d'éternité en tout petit, comme si l'éternité pouvait se résumer à un enfermement même choisit et l'était-il choisit ?


vendredi 2 novembre 2018

Me voilà de retour après bien des années, mais tout s'explique...

PARCE QUE QUE JE NE VEUX PAS MOURIR… IDIOT.

Il y a quinze ans j’ai écrit un livre qui s’appelait « Parce que je ne veux pas mourir », ce titre n’était pas mon choix mais celui de mon éditeur.
Beaucoup de mes amis, surtout en Inde, n’ont pas compris pourquoi je ne voulais pas mourir.
Pour sa version en livre de poche, J’ai Lu a accepté le titre que je voulais « Pour vivre debout ».
Depuis 35 ans c’est la principale recherche de ma vie :
Pourquoi je ne peux plus marcher ?
Pourquoi, plus je vieillis, plus mes jambes deviennent des pierres ?
Pendant quinze ans on m’a dit que j’avais une sclérose en plaque, on m’a donné de la cortisone puis vu que je n’avais pas d’atteinte au niveau de la moelle épinière on m’a dit que j’avais une maladie spastique héréditaire un « Strümpell Lorrain ».
C’était donc il y a vingt ans.
Régulièrement j’ai fait des prises de sang pour savoir si j’avais vraiment cette maladie.
Moi je doutais, pensant que cette paralysie était mécanique ; mon neurologue me disait que le Strümpell Lorrain était un syndrome dans lequel on met toutes les paralysies spastiques que l’on ne connaît pas.
Alors si la cortisone peut avoir un effet positif pour la sclérose en plaque, pour le Strümpell Lorrain il n’y a aucun traitement.
Il y a huit mois, j’ai refait une prise de sang et je viens d’être convoqué à un rendez-vous avec une généticienne qui m’a annoncé que j’avais bien la maladie du Strümpell Lorrain et que le gène responsable a un nom barbare « WASHC5 SPG 8 ».
Maintenant je sais ce que j’ai.
C’est bête mais je me sens soulagé, plus coupable ; car oui je me sentais coupable d’avoir pu moi-même inventé cette maladie, comme une forme d’hystérie…
Il faut dire que je n’ai jamais eu de chance : Ma mère est décédée quand j’avais quatre ans, mon père était vieux et raciste. J’ai travaillé à partir de 13 ans. Je suis tout petit ; oui je sais ça peut paraître ridicule de dire ça, mais la société n’est pas tendre avec les petits surtout pour les hommes, on se moque d’eux…
Dans mes voyages à travers le monde pour trouver un guérisseur ou une méthode de guérison, j’ai souvent rencontré des personnes qui croient à la réincarnation que ce soit en Inde ou au Brésil, chez les spirites.
Je voudrais bien savoir qui aurait eu l’idée de se réincarner dans un corps vicié par un gène qui va paralyser les jambes ?
Je veux être positif, je demande d’appeler cette maladie « la maladie des jambes de pierre ».
Il y a bien un super héros dans la bande des Quatre Fantastiques qui est un colosse en pierre ?
Oui, mais justement c’est un colosse et agile à la fois. Il s’appelle Ben ou « la Chose ». Si c’est la Chose, moi avec mes jambes de pierre, je suis une petite Chose... Inutile.
Comme une bouteille à la mer, je lance un appel aux personnes qui ont la même maladie que moi, enfin le même gène n°8 pour échanger et... Pour ne pas mourir idiot.

Jean Pierre Moreau.
moro.jp@gmail.com

jeudi 13 août 2015

Portraits  (suite) Irène...

Irène a les mains sales… Je crois que j'ai toujours connu Irène avec des mains sales ou alors attaquées par des plaies, traces de listéria… Irène adorait lire, elle lisait partout, à tous moments. Elle connaissait sa littérature sur le bout des doigts, je l'ai surpris en train de réciter un poème de Baudelaire à ses chèvres, elle éclate de rire à voir ses chèvres, têtes penchées immobiles, prêtes à gober le moindre participe passé… Irène est professeur de français, elle a travaillé en Afrique, si elle se retrouve en Ariège c'est pour vivre un rêve : traire des chèvres devant un paysage de montagnes… Irène a eu un accident terrible avec l'escorte du Président de la République du Sénégal : Le motard de la suite présidentielle est mort et Irène a été rapatriée par un avion sanitaire… Elle a pris sa retraite anticipée, avec son mari de peintre elle se retrouve en Ariège à vivre sans électricité… Elle est contre le nucléaire même civil, elle lave toute la journée à la main, elle connait ses chèvres par leurs noms, elle en rêve la nuit, elle fini par oublier d'écire enfin pas complètement. Tous les matins, après avoir fait ses civilités, comme elle dit, c'est à dire : donner du foin, de la farine et de l'eau aux chèvres, passer un minimum de 30 minutes en réflexion au milieu du troupeau… ne rien dire, surtout ne rien dire. Alors elle note simplement le temps qu'il fait, tous les matins en prenant son petit déjeunner elle note le temps du moment présent...
Mania, c'est sa mère chante, elle passe sa vie à chanter… Elle chante et elle fait chanter les choeurs de la CGT… Mania est juive née en Russie, toute petite la famille s'exille à Paris. Le grand-Père d'Irène était foureur. Toute la famille, la mère, le père et Irène habitent dans le Marais au centre de Paris. Ses parents sont morts, partis dans les premiers trains de déportés… Irène se souviendra toujours de ce soir de février 1942… Elle est sortie avec sa mère pour faire des courses, au moment de tourner dans sa rue elle voit ses grands parents embarqués de force par la Police. Sa mère par instinct lui cache cette vision en lui mettant sa main devant les yeux... Jamais elles ne retourneront dans cette rue… Elles y abandonnent tout leur passé. La veille au soir pendant le repas, Mania a tenté de convaincre ses parents de ne pas porter l'étoile jaune… Son père est têtu et soucieux de respecter la loi française, il ne comprend pas les arguments de sa fille qui en plus lui fait honte, elle est communiste, amoureuse d'un communiste avec qui elle a eu un enfant sans être marié… Oui Mania est amoureuse depuis sa rencontre avec Marcel. Marcel Gauchamps est ouvrier en mécanique, syndicaliste mi:litant et membre de la chorale de la CGT. Mania dirige ctte chorale depuis sa rencontre avec Darius Milhaud et dès qu'elle a vu Marcel elle savait qu'elle avait rencontré son homme. Il s'est fait assassiné par la Gestapo à un mois de la libération. Mania n'a jamais regardé un homme par en-dessous comme elle disait… Elle n'aura connue qu'un homme dans sa vie intime… Je la vois encore rouge de colère quand elle entend Khrouchtchev parler de Staline Elle marxiste léniliste staliniste et fère de l'être… Mania fait partie de la personnalité d'Irène, il y a comme un pacte entr'elles, un non-dit permanent entre coupé de mots retentissants. C'est ainsi que j'ai lu le Si Yéouk Ki, sur un hiver de longues soirées de silence d'écritures automatiques, de souffles coupés ou avalés et de communications télépathiques à dix kilomètres de distance… Nous avons été loin dans nos délires, nous avons frôlé la démence mais toujours ce gout pour l'analyse, le gout pour les mots avec ce retour à la question essentielle, pourquoi cet instant de vie, avec qui et pourquoi aussi savoir le langage animal, la traite est aussi un langage, pourqui prendre le lait du petit pour me faire un fromage, surtout de quel droit je choisis de m'approprier ce lait maternel ? Le problème avec les cérébraux c'est qu'ils ne savent pas utiliser leurs ceveaux… En règle générale si tu décides de faire du fromage de chèvres, il faut faire un élevage de chèvres, ce qui veut dire gérer les naissances et les décès de tes animaux… Tu ne peux pas demander aux animaux de se gérer eux-mêmes… A partir de ce constat, Irène me parla de la biodynamie, mais comment faire pour écarter Dieu… Deux corps se battaient en elle : la raison et le spirituel, rien de féminin là-dedans, d'ailleurs c'était le raison et sa part masculine qui dominait… Sinon pourquoi le peintre aurait collé sa chose partout autour du gué… Je pense qu'avec les années son rapport au physique s'éloignait de sa conscience, le cérébrale et le sexe avait fait son oeuvre, plus rien ne semblait la faire vibrer… Elle se sentait plus proche de jour en jour des animaux du quotidien… Elle ne supportait plus la violence, qu'elle que soit sa forme. Elle arrivait à fabriquer une dizaine de fromages par jour, oh des petits fromages qui devaient être mangés rapidement ce qu'elle ne voulait pas car elle pensait qu'ils seraient meilleurs plus affinés… Comme elle avait les mains sales, ses fromages avaient la peau sale, bon ce n'était pas de sa faute car dû aux micro organismes de sa cave… Pendant ce temps-là son peintre de mari s'amusait au cheval et au cheval d'attelage… C'est au Portugal qu'il trouva le mâle nécessaire… Comme toujours le bonhomme mit du sérieux dans l'ouvrage, en cela il était peintre par son organisation, par sa précision et on peut dire son courage à recommencer mille fois le même parcours afin de détecter les ultimes oublis… Son ouvrage fut facilité par la guide, oui son maître était maitresse, séduisante et cultivée, elle avait la manière pour faire entrer ses cours dans le moindre geste quotidien. La confection des noeuds,pareil aux marins, était la première des choses à apprendre… Jour après jour, heures après heures cette sublime professeure affichée un flemgme unique et bouleversant… Ses passes de mains, il faut savoir et fabriquer soi-même toutes les courroies, sangles en cuir,, le toucher, savoir piannoter en douceur, croiser et décroiser en double avec attelage à trois chevaux, attelage d'évêque ; de troïka, d'arbalète, attelage à trois, dont deux chevaux de front ou tridem, attelage à trois chevaux en ligne ou attelage à trois, un cheval de front, toujours croiser et décroiser les doigts en douceur mais avec précision…
Le dernier soir, une ombre grise se glissa dans la chambre puis le lit de Merlin, jamais il a pu la remercier pour ce geste unique… Il gardera dans son coeur un château au Portugal comme d'autres en Espagne…
La fin du couple fut dramatique au vrai sens du terme, la solitude pour Irène avec certainement des éclairs de génie, de l'amertume et la tristesse pour derniers sourires...


mercredi 5 août 2015

Portraits ( suite ) Paddy !


Je suis apparu tel un ange blanc, tout blanc de la tête aux pieds… Blanc de plâtre… Moi j'ai le chic, de la farine de pâtissier ou du plâtre de plâtrier je m'en mets du bout du nez à l'extrème petit orteil droit, dès que je travaille avec… Je pourrais trouver cela amusant… Tu étais seul devant ton bus, le pouce en l'air, le regard brillant… Je t'ai proposé un voyage vers Moulis et son garagiste… Tu as rentré le chien, tu as ramassé le petit escalier et fermer avec un gros cadenas la poste d'entrée… Tout de suite le courant est passé entre nous… Tu arrives direct d'Irlande, tu vis avec ta compagne allemande Sabina et ta fille wisha dans un bus des années 60… Mister Tambourin'lman s'il te plait, joue pour moi… Avec toi j'ai joué sur tous les tons… Tu as pile dix ans de plus que moi… Nous partageons cet anti cléricalisme primaire, je et surtout toi déteste les curetons et tous le tralala des vicaires aux évèques en passant par les cardinaux pour arriver aux archi-prêtres qui prêchent au couvent tout en tentant de séduire le jeune nigault et lui tripoter la quéquette… Berrrkkk… Pédophiles alors tous ces prêtres irlandais ? On dit que chaque famille catholique d'Irlande avait son prêtre et sa soeur… Tu avais le souvenir des mains baladeuses, les shorts trop petits, la honte et le sexe en pointe… Les bonnes soeurs n'étaient pas les dernères pour exprimer leurs excitations… C'est une bonne soeur qui t'a initié l'amour, car toi tu parles d'amour pas de sexe. Depuis tout petit elle te tripotait, au début les caresses étaient furtives puis la complicité aidant, la bouche était le prochain but… Jamais personne n'aurait pu imaginer la soeur Edith caressant le sexe d'un enfant de 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12 et 13 ans avec une constance peu commune… Fut-il le seul ? Pour te faire oublier la Légion tend ses bras… Juste au même moment l'Algérie devient évènements puis tu dois tuer le frère de silence… Tu te coupes le doigt pour sortir de l'ornière… Je ne sais quelle est la part de légende, tu es légende, partout tu pratiques la ” frairiture ”… A partir du jour où je t'ai rencontré au jour de ton départ, chez moi était chez toi et nous avons voulu que cela perdure avec le temps, d'autre contraintes sont apparues. Partout où nous avons cotoyé nos pas, les rires et la fumée imprimer les pierres… Tu aimais faire la vaisselle car alors tu étais avec ta mère tout petit, elle aimait te faire de grosses bules et les faire éclater juste sur la joue… Tu riais aux éclats… Les Seven Keving's, un air de flûte… La bave qui coule, la Guinnès s'avale dans les rires et la fumée mais pas de tabac… Surtout pas de tabac… Enfermé ou à l'air libre tu as toujours était l'épicier, celui qui dépanne… 

mardi 4 août 2015

Portraits... ( suite ) Patrick Audigé.



Patrick Audigé s'est inscrit petit à petit dans le paysage pour arriver à être lui-même le paysage. J'ai encore dans les oreilles son dernier coup de colère : Un cheval n'est pas une mobilette ! Déclinés à tous les temps de tous les verbes, un cheval en opposition avec une mécanique aussi belle soit elle, alors une mobilette… Je ne l'avais pas capter au début pourtant il a fini par m'absorber… J'ai un gout de regret au fond de la gorge, un gout d'innachevé sur sa peau lisse. Pour moi, tu t'es cultivé mon audigé comme je dirais mon frêne ou mon aubier… Tu as suivi pas à pas le spécialiste du Feng shui, tu as tenu le ressort pour déterminer le réseau Hartman, tu savais le moindre signe pour trouver l'eau, tout des Kazards, leurs rêves et leurs peaux, tu étais fasciné par leurs tatouages… Imaginer une vie au fil de la peau… A la fin, les plus importants déroulaient une peau de géant… Le reste part avec la terre mélangé avec du crottin, toujours cet odeur entêtante… Tu avais la douceur d'une peau sans poil… Je ne savais pas cette qualité d'amour, savoir cet amour-là… Nous sommes à Paris le 20ème, dans les cabossements de Ménilmontant. L'amour dans tous ses états et par tous les bouts, j'en veux encore, j'en veux toujours... Levé le premier surtout si une sortie se profile. Je pense à ce que tu m'a appris au jour le jour, avec la brosse et le peigne, la manière de se conduire face à un animal, le cheval sa vision, le frôlement de l'échine, le soufle près de l'oreille… Le chuintement, l'osselet lancé du fond de la bouche en claquant fort… Des jours entiers à répéter sur tous les tons… Des ordres brefs sans humeurs… Jamais les éperons, au contraire la douceur en tout, partir le nez au vent laisser l'animal se débattre avec les bourasques… Près de l'encolure chuchoter des mots tendres… Les femmes ne s'y trompent pas… Il est tout à elles, sans attaches voulues… Cavalier émérite, beau face à une aurore nue piquante une pointe au raz de son ventre plat simplement bosselé de muscles… Il a retrouvé sa jeunesse une fois pour la dépasser, ne rien renier des picouses au contraire, boire jusqu'à plus soif et détruire cet équilbre.